Livres

Ils nous racontent leurs vies – épisode 3

Dans le livre « Vivre parmi les entendants »  chez l’éditeur MER collection « Culture sourde » nous pouvons lire cinq témoignages sur une période de 40 ans environ, des années 50 aux années 90. Ce projet, pour recueillir ces témoignages, a été soutenu par l’association ADOO (Association de l’Ouïe de l’Outaouais). L’Outaouais est une région administrative du Québec.

Dans chaque témoignage nous découvrons comment la personne vit sa surdité, comment elle a pu se construire et se sociabiliser. Elle nous témoigne aussi de sa vie affective, familiale, associative et professionnelle. Il y a aussi de nombreuses photos personnelles.

Ces témoignages sont écrits en français du Québec donc certaines expressions nécessitent une traduction qu’on peut trouver facilement sur Internet.
En général ce sont des anglicismes. Par exemple : le mot « chum » pour « petit ami » ou « concubin ». L’expression « travail clérical » pour « travail de bureau ».

La LSQ (Langue des Signes Québécoise) est aussi différente de celle du français.
Voir cette vidéo de Youtube :

Le premier témoin est Louise Blondin qui est sourde de naissance. Elle a aussi un frère devenu sourd à 10 mois suite à une méningite. Elle est née à Saint-Jérôme. Elle a été instruite à l’Institut des sourdes-muettes de Montréal dont elle ne garde pas un très bon souvenir à cause de la sévérité de certaines sœurs et des punitions qui étaient fréquentes.  Elle a vécu à une époque où l’oralisme dominait  toute l’éducation des sourds. Elle va être confrontée à la difficulté du bilinguisme au Canada : certains parlent anglais et donc elle n’arrive pas à comprendre même en lisant sur les lèvres.

Le deuxième témoin est Geneviève Cloutier. Elle est née à Grand-Remous en 1949.
Elle est devenue sourde à un an suite à une méningite. Elle ira aussi à l’Institut de Montréal dont elle va souffrir. A cette époque la langue des signes était interdite et il n’y avait pas d’interprète.
En 1988, elle passera son permis de conduire et elle va connaitre l’arrivée de nouveaux systèmes de communication, les A.T.S (Appareil de Télécommunication pour Sourd) et les machines à télégraphier. Elle s’est battue pour pouvoir travailler mais un problème de santé va l’obliger à une retraite anticipée.

Institut des sourdes-muettes de Montréal

Institut des sourdes-muettes de Montréal

Le troisième témoin est Gisèle Lavigne Cyr. Elle est née à Hull d’une famille de 11 enfants. Elle est devenue sourde à l’âge de 5 ans suite à une méningite. C’était une maladie courante à ce moment-là. Au début elle pensait que tout le monde devenait sourd à 5 ans. En 1965 elle intègre l’Institut de Montréal. La séparation avec sa famille va être un déchirement. Elle va vivre difficilement sa surdité. Elle se mariera pourtant avec un homme sourd de naissance dont elle aura deux enfants.

Le quatrième témoignage est celui de Diane Blondin Canuel, né à Ottawa. Pour elle la vie d’une personne sourde est tous les jours un défi. C’est à 34 ans qu’apparaitront ses premiers acouphènes et que petit à petit elle perdra l’audition jusqu’à devenir sourde profonde.
Les livres et la lecture vont beaucoup l’aider. Elle portera des appareils auditifs mais qui ne serviront  à rien dans un environnement peu adapté (bruyant). Elle va aussi par orgueil cacher pendant longtemps sa déficience auditive ce qui va rendre plus difficile son adaptation. Elle finit son témoignage en donnant de nombreux conseils pour que d’autres évitent de tomber dans les problèmes qu’elle a traversés. La découverte de l’ADOO (Association de l’Ouïe de l’Outaouais) et l’apprentissage de la LSQ va l’aider à se sentir à l’aise aussi bien avec les entendants, les malentendants et les sourds.

qc_region_outaouais

Pour finir, c’est un homme CODA (Children Of Deaf Adult) qui témoigne, Yvon Larrivé, à la demande de personnes sourdes. Ses parents étaient tous les deux devenus sourds à cause de la méningite à l’âge de deux et trois ans et la LSQ était leur langue courante donc la langue maternelle d’Yvon. Ils ont toujours assumé leur surdité et ne se sont jamais considérés malentendants mais Sourds. Le mot malentendant désignait souvent un sourd qui parlait. Comme beaucoup d’enfant Coda, il a fait l’interprète de ses parents et a été très vite responsabilisé. Il a souffert aussi des moqueries de son entourage et a dû subir un placement car son père n’avait pas toujours un travail très bien payé. Devenu adulte, il s’est occupé d’enfants sourds et a suivi des cours d’interprète à l’Université de Montréal. Il nous parle aussi de l’évolution des aides techniques.
Il cite une anecdote d’un enfant sourd qui n’avait jamais rencontré d’adultes sourds alors il pensait qu’il deviendrait entendant quand il serait adulte.

Tous ces témoins se montrent aussi très actifs dans les différentes associations pour les sourds et dévoilent leurs peines mais aussi les joies de leur expérience. Il y a beaucoup de dialogues et les textes sont vivants.

Isabelle

 

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