Livres

Ils nous racontent leurs vies – épisode 2

Le deuxième auteur dont je veux vous parler a été élève de L’INJS de 1940 à 1945. « …octobre 1940, j’entrai à l’Institut national des jeunes sourds de Paris, rue Saint-Jacques dans le 5e arrondissement. J’y appris la Langue des signes française (L.S.F.) auprès de mes camarades malgré l’interdiction qui sévissait »

Il a traversé la seconde guerre mondiale qui lui a fait perdre son père « Ces années de guerre paraissaient interminables ; les scènes les plus horribles, les unes après les autres se succédaient ».  Il était là quand Paris a été libéré. « Barricades à Paris, j’ai aidé en apportant des sacs de sable sur les barricades »

Il a du travailler dès l’âge de 16 ans pour subvenir aux besoins de sa famille. « L’apprentissage que j’avais fait durant deux ans, à l’INJS, me permit d’intégrer d’abord une fabrique de chaussures dans laquelle je suis resté cinq ans. »

Il est né sourd d’une famille de sourds sur quatre générations (voir sa généalogie à la fin du livre).

Il a été fondateur ou co-fondateur et président de plusieurs associations de sourds.
Une association fondée avec des amis de Saint-Jacques, « Le Touring Club Silencieux de France » qui organisait des sorties, des loisirs, des voyages. L’association « Prosurdi » (pour les sourds en latin) afin de diffuser les nouvelles technologies auprès des sourds. L’association « Mieux vivre » dont l’objectif fut de procurer une maison de retraite adaptée pour les sourds. « Chaque fois que ma mère se sentait fatiguée, elle me faisait promettre de na pas la laisser dans un asile. Elle en avait trop vu. les sourds n’y avaient pas leur place. »

Il s’est battu pour l’accès aux sourds au permis de conduire automobile. « Le 3 août 1959, le décret paraissait au Journal officiel : les sourds avaient désormais le droit de passer le permis de conduire A et B. »

En 1978, après un voyage aux USA au Congrès mondial des sourds, il a fait venir en France le premier appareil qui permettait aux sourds de communiquer à distance : Le P.P.P. (Porta Printer Plus), un téléphone à clavier. Il fur nommé « agent de distribution officiel » en France de ce téléphone par la société Krown Research.

Hier_aujourd_hui_a_deux_mains2Il s’agit de Marcel Debureaux qui a écrit « Hier, aujourd’hui, à deux mains » avec des poésies de Leïla Seiman et Wahad Benguergoura aux éditions Langue des signes, en 2004.

Il a aussi pratiquer des sports qui l’ont beaucoup aidé : football, randonnées et natation. Il a fait la Bretagne à vélo en 1951.
Il a été adhérent de l’association « l’Étoile sportive des sourds de Paris ». « Le sport m’aida beaucoup dans mon accomplissement physique et intellectuel ; je ne n’oublierai jamais… ». Avec sa femme, Christiane, ils adhèrent au club de natation pour les sourds :  » Dauphins silencieux de Paris ».
« Par deux fois (1939 et 1947), je fus rescapé de la noyade. Cet éternel souvenir me hantait et me lassait supposer que cela pouvait se reproduire encore..il était nécessaire d’apprendre » à nager.

Un livre très bien écrit qui donne à réfléchir sur le destin et comment il peut nous réserver des surprises. Il y dénonce aussi de nombreuses absurdités auxquels ont du faire face  les sourds.

Pour cette année, c’est mon coup de cœur ! Bonne découverte !
Isabelle

 

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